© Elise Peroi

Équilibre incertain

Le génie de la vallée ne meurt pas
On l’appelle la Femelle obscure
La porte de la Femelle obscure
on l’appelle la racine du ciel et de la terre
Comme file un fil elle dure
En user ne l’épuise

Laozi

L’installation est une sculpture textile,   à  la frontière de la cabane,  de la grotte,  du tumulus.  Elle est soutenue par des branches de bouleau.  Son équilibre est fragile et joue entre un espace rassurant et une forme de piège.
Le jeu de densité,  vu du dessous,  donne l’impression d’un feuillage,  d'un espace de camouflage. 
En laissant apparaître l’envers et l’endroit,  la technique donne l’impression d’un jaillissement végétal, amplifié par la technique du tuftage.
L’espace entrouvert par le soutien des branches de bouleau donne l’impression qu’on aurait ouvert le sol à la recherche du temps - forme d’archéologie en écho aux strates accumulées et au voile sur le  réel.
Sur l’endroit apparaissent  diverses scènes qui entourent un centre qui peut-être une porte, un soleil, ou encore le centre d’un tapis persan,  pouvant se référer au  jardin dont parle Michel Foucault dans ses hétérotopies....
Les scènes qui viennent l’entourer, parfois inversées, s’inspirent de la pensée de Laozi, traduisant le souffle qui traverse toute chose,  et que nous devons en permanence puiser. Il est possible d’imaginer en entendant cette phrase, les forêts, les montagnes où vivent  les ermites et les immortels, - ce qui a tenté d’être traduit sur certaines des parcelles de ce tapis.
D’autres éléments peuvent être observés,  existants ou inventés, telle la jambe de la chute d’Icare de Brugel, dans les eaux,  sous le centre solaire, le corbeau,  la main devenue sainte...

Techniquement,  le travail est réalisé sur l’envers,  et il conduit à retourner en permanence cet immense cadre afin de percevoir ce qui s'y s’écrit. Cette action est aux prémices d’action performative,  toujours inspirée de la philosophie de la danse de Paul Valéry.

Dans le cadre de l'exposition Foresta au Bel Orinaire à Pau en France, un commissariat de Lola Meotti.